Sommaire
Dominique Poiroux (CM86), président du conseil d’administration de l’INPI
Introduction : Matériaux, verts et compétitifs
Le stretch qui bloque tout
PHU : isoler mieux, polluer moins
La ruée vers la batterie
La pyrolyse plasma du méthane entre dans l’ère industrielle
Le germanium, des enjeux stratégiques majeurs
Les mines à l’heure du quantique
L’extrusion verticale pour une industrie pharmaceutique plus compétitive
Les vitrimères brisent le moule
De la patience à la précision : l’IA au service des matériaux
Nouveaux matériaux : la clé d’une réindustrialisation française durable
Quand les matériaux façonnent des vocations
Le regard décalé
Thomas Maurer (N03) : le choix d’un parcours académique
Leïla Bessila (P18) : l’astrophysicienne qui démocratise la science
Louis Pancrazi (E18) : d’ingénieur à interne en chirurgie orthopédique
Les nominations
Mines Énergie : EMILI, le lithium français sort de terre
Édito
Le manque, à satiété
Doit-on définir la révolution industrielle comme l’ère de la propagation des machines à vapeur, puis de l’électricité, ou bien plutôt celle de la manufacture massive et mécanique d’objets en tous genres à l’aide de machines ? La société dite “de consommation” dans laquelle nous vivons – il faudrait préciser “nous”… – résulte directement de cette capacité à produire en masse et rapidement à peu près n’importe quoi, censé combler besoins et désirs. On n’ergotera pas ici sur ce qui est premier du besoin ou du produit qui le comble, il nous suffira ici de revoir la traditionnelle opposition nature/culture dans l’Homme. Être du manque, il est aussi le seul animal de la manufacture (à la racine étymologique : la “main”, autre signe distinctif parmi les vivants).
Puisque presque rien ne convient et que tout est à créer, une fois la table de Mendeleïev achevée et les processus physico-chimiques à peu près maîtrisés, on peut enfin se mettre au travail. Les besoins – toujours eux – devenant plus nombreux et plus déraisonnables à mesure que croissent la population et la volonté démiurgique de contrôle de l’espèce sur l’environnement, la recherche dans la création de matières inexistantes à l’état naturel advient. Faut-il voir, dans la science des matériaux, un manque d’inventivité de la part de la Nature, qu’il conviendrait de combler ?
Question moins rhétorique : ne sommes-nous pas les cobayes des industriels qui déversent sur nous des produits dont la nocuité ne sera connue que bien plus tard, une fois leurs effets de long terme avérés, et que tous les responsables – dûment enrichis – auront rejoint la cohorte des bienheureux du Paradis ? Les risques se prennent d’autant plus facilement que ce sont les autres qui en subissent les conséquences. Mais la manufacture n’a pas que des victimes. Après tout, le savon n’existe pas à l’état naturel, et la plupart d’entre nous l’apprécient pourtant ; que serait la chirurgie sans les nouveaux polymères et les alliages bio-compatibles permettant des prothèses qui relèvent du prodige ?
Les nouveaux matériaux incarnent cet être du manque dans sa dimension la plus concrète : créer ce que la nature n’a pas prévu. C’est précisément ce territoire qu’explore ce numéro. Il a été coordonné par une spécialiste de ce domaine, Victoire de Margerie, femme d’affaires dont l’engagement dans l’industrie des matériaux et l’implication comme administratrice à Mines Paris – PSL lui confèrent une vision stratégique et de terrain, et lui ont permis de mobiliser pour l’occasion une partie de son réseau mondial. La plupart des articles ont été rédigés en anglais. Ce numéro en propose une version française, le site de la Revue présente aussi la VO – revue-mines.org. J’espère que vous prendrez plaisir à ce dossier éclectique, où de nombreux experts éclairent une recherche et une production de pointe. Il se trouve idéalement couplé avec le Grand Entretien de Dominique Poiroux, entre autres – vous allez voir ! – président de l’INPI.
Articles du numéro
Les SCOP, industrie et démocratie
concilier deux mondes incompatibles ?
L'angle des jeunes promotions
Quand les matériaux façonnent des vocations
Dominique Poiroux (CM86)
Innover, protéger, transmettre
La pyrolyse plasma du méthane
entre dans l’ère industrielle
L’extrusion verticale
pour une industrie pharmaceutique plus compétitive
PHU
isoler mieux, polluer moins
Les mines à l'heure du quantique
Le germanium
des enjeux stratégiques majeurs
De la patience à la précision
l’IA au service des matériaux
Le stretch qui bloque tout
Leïla Bessila (P18)
L’astrophysicienne qui démocratise la science
Nouveaux matériaux
la clé d’une réindustrialisation française durable
Les vitrimères brisent le moule
La ruée vers la batterie