En terminale, hésitant entre médecine et ingénierie, Louis a finalement été plus séduit par le contenu pédagogique des classes prépa que par le concours de première année de médecine, trop fondé sur l’apprentissage par cœur. Sans pour autant renoncer à l’idée de travailler dans la santé, il se voyait alors ingénieur biomédical, concevant les outils d’une médecine toujours plus technique. C’est ce qui l’a conduit à choisir les Mines de Saint-Étienne à l’issue des concours : les collaborations de l’école avec le monde de la santé – projets de recherche avec le CHU, doubles diplômes “santé-ingénierie” – correspondaient exactement à ses ambitions. Dès son intégration en 2018, il se spécialise en biomédical et en science des matériaux.
La chirurgie orthopédique : un lien fort avec l’ingénierie
Son projet de recherche et son stage de fin d’études ont porté sur les implants utilisés en chirurgie orthopédique, spécialité dédiée au traitement des affections du système musculo-squelettique – qu’elles soient d’origine systémique ou traumatologique. Sciences des matériaux et principes de la mécanique y trouvent une application directe, ce qui en faisait un terrain naturel pour un projet alliant ingénierie et médecine. Louis y voit aussi une convergence de posture : comme l’ingénieur, le chirurgien orthopédiste doit faire preuve d’un esprit pragmatique pour concevoir et planifier la reconstruction à effectuer.
C’est en effet la spécialité qui implante probablement le plus de matériel chez les patients – broches, plaques, vis, prothèses – avec une précision que des outils de plus en plus sophistiqués viennent garantir. La collaboration entre chirurgien et ingénieur y est donc essentielle, et ne date pas d’hier : nombre des figures marquantes de l’orthopédie ont été, et sont encore, des inventeurs ayant développé leurs propres instruments. La place d’un ingénieur-médecin y est toute trouvée.
C’est guidé par le Dr Jérémie Pourchez, responsable des doubles cursus santé-ingénierie à l’École, que l’idée de devenir ce praticien-chercheur, alliant soins et recherche, a progressivement pris forme.
Devenir médecin et chercheur en 2031
Une fois diplômé de l’École des Mines, Louis est admis par passerelle en DGSM 2 — soit la 3e année de médecine — à la faculté de Saint-Étienne. Ses stages hospitaliers lui permettent alors de mesurer concrètement l’importance de la collaboration entre ingénieurs et médecins : il observe ainsi qu’un ingénieur assiste régulièrement les chirurgiens dans l’utilisation de technologies avancées comme le robot Da Vinci®1, et rencontre au CHU de Saint-Étienne plusieurs praticiens – dont un chirurgien orthopédiste et un chirurgien cardiaque – anciens doctorants des Mines. Les profils hybrides, loin d’être anecdotiques, s’y révèlent de plus en plus présents.
Après avoir réussi le concours de l’internat en 2025, Louis est aujourd’hui interne en chirurgie orthopédique au CHU de Rennes. Il envisage de prolonger ce parcours par une thèse, avec pour horizon une carrière hospitalo-universitaire alliant soins et recherche. Son diplôme d’ingénieur-civil des Mines lui offrira à cet égard un avantage précieux : équivalent d’un M2, il lui permettra d’accéder directement à un doctorat sur un sujet solide à l’interface entre les deux disciplines – là où son parcours le destine pleinement.