Les réglementations européennes, en vigueur ou à venir, vont pousser les constructeurs automobiles à démontrer que leurs pièces peuvent être démontées, réutilisées et recyclées. Dans cette nouvelle réalité automobile, où la concurrence mondiale s’est considérablement intensifiée, ces exigences risquent-elles de compromettre davantage la capacité de l’UE à produire des véhicules performants et séduisants ? La question mérite d’être posée, car les composites haute performance sont notoirement difficiles à gérer en fin de vie et affichent une empreinte carbone élevée. Bonne nouvelle toutefois : une nouvelle famille de matériaux – les vitrimères, aussi appelés réseaux covalents adaptatifs – contribue à transformer les filières de fin de vie des matériaux composites.
Les vitrimères repensent le modèle traditionnel des thermodurcissables. Au XXe siècle, les polymères réticulés permanents semblaient une bonne idée. Au XXIe siècle et au-delà, les vitrimères sont appelés à les remplacer largement. Eux aussi sont des polymères réticulés, mais leur conception intègre des liaisons chimiques échangeables – rendant possibles remodelage, soudage, réparation et recyclage, sans compromis sur les performances dans une gamme remarquablement étendue de conditions d’utilisation. En fin de vie, le déliage par échange de liaisons préserve mieux la qualité des fibres que les procédés thermiques. Outre cet avantage pour la circularité, leur aptitude au formage et au soudage crée de nouveaux paradigmes de production : les matériaux polymérisés peuvent être thermo-emboutis dans leur forme finale en 20 secondes à 5 minutes, et toutes les chutes de production sont immédiatement réutilisables ou recyclables.
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