Les SCOP, industrie et démocratie
concilier deux mondes incompatibles ?
Par Lucien Lacassin (P21),
cofondateur de Mines Industrie
Et si la démocratie s’invitait à l’usine ? À travers l’histoire de la SCOP TI, née des cendres de l’usine Fralib, découvrez comment le modèle coopératif réinvente l’industrie, entre gouvernance participative, ancrage territorial et quête de rentabilité.

Avez-vous déjà été témoin d’une décision de votre entreprise qui vous a semblé injuste ? Délocaliser une usine rentable pour augmenter les marges, choisir un fournisseur peu scrupuleux car ses prix sont bien inférieurs, augmenter la cadence pour réduire la masse salariale sans réduire la quantité de travail… Tant de solutions caricaturales lorsqu’une entreprise essaye de maximiser son profit – parfois au détriment du bien-être de ses salariés.

Alors que plus d’un Français sur deux souffre au travail en 2024, certains choisissent de bifurquer. Ils rêvent d’un modèle économique différent, plus démocratique, plus éthique aussi, alliant respect de l’environnement et des salariés ; et c’est souvent la coopérative qui s’impose comme la forme d’entreprise la plus adaptée. 

À l’heure où tout le monde veut réindustrialiser la France, la question des modalités reste centrale. Beaucoup ont encore une vision négative de l’industrie, sale, dangereuse ; “reconstruisons des usines pourvu qu’elles soient loin de chez moi et que mes enfants n’y travaillent pas”… Mais ce sont justement des initiatives comme celles-ci qui permettent d’impliquer les travailleurs dans les décisions, de créer un nouvel imaginaire autour de l’usine et de faire des Français les acteurs concrets de la réindustrialisation.

C’est pourquoi cette série d’articles lui est consacrée. Dans ce numéro de la Revue et dans les suivants, il sera question des coopératives, et plus particulièrement des SCOP industrielles, à travers différents dossiers qui ont marqué l’actualité. Le sujet peut sembler accessoire dans la dynamique industrielle d’aujourd’hui, mais Olivier Lluansi (CM92), fondateur de Territoires d’industrie, le formule mieux que quiconque : “l’industrie est une contre-culture qui doit s’assumer comme telle”. Osons donc traiter des sujets qui auparavant semblaient marginaux ; ils pourraient bien être la norme de demain.

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