Les Mineurs font leurs jeux
#524 - juin 2024

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Édito

42,195 km : le courage, l’épreuve et le combat

 

Voici ce que dit la légende : en 490 av. J.-C., un messager grec parcourt au pas de course la distance de Marathon à Athènes. À son arrivée, il annonce la victoire remportée contre les Perses et s’écroule, mort d’épuisement.

 

Lors des premiers Jeux olympiques modernes, à Athènes en 1896, le marathon devient une épreuve en écho à ce parcours historique. Et c’est un berger grec, Spyridon Louis, qui remporte l’épreuve en 2 h 58 min 50 s, à l’époque sur 40 km.

 

La dureté de l’épreuve a laissé des traces dans l’histoire des Jeux olympiques.

 

En 1912, à Stockholm, plus de la moitié des candidats abandonnent.

 

En 1984 à Los Angeles, par 32°C, a lieu le premier marathon olympique féminin. À 39 ans, bien qu’arrivée 37e, Gabriela Andersen-Schiess reste dans les mémoires : en souffrance, titubante, et dans un état second, elle arrive néanmoins à franchir la ligne d’arrivée. Et d’expliquer, quelque temps plus tard, la portée symbolique de cette victoire sur elle-même : “nous voulions démontrer au CIO que c’était la bonne décision de permettre aux femmes de courir cette distance”.

 

Los Angeles voit aussi le premier marathon fauteuil paralympique. En catégorie 1A (handicap le plus sévère), sur 3 athlètes au départ, seul Heinrich Köberle finit l’épreuve. Il remportera également les marathons fauteuil des 3 éditions suivantes des Jeux paralympiques.

 

Le marathon est une épreuve hors du commun où le corps et le mental vont chercher les extrêmes des capacités humaines. C’est, pour un athlète, un dépassement personnel dont l’issue n’est jamais écrite, quel que soit son investissement dans sa préparation pendant de longs mois avant le départ.

 

Outre un défi sportif, c’est aussi un message au genre humain, pour une concurrence qui se fait dans le respect et qui refuse le conflit guerrier. Et également, comme l’ont porté Gabriela et Heinrich, un combat pour plus de mixité et d’inclusion.

 

Il est trop tard pour 2032, mais prenons-nous à imaginer qu’en 2036, les Jeux soient imbriqués entre sport et parasport : une seule et même période sans distinction entre olympiques et paralympiques, avec notamment les marathons hommes, femmes et fauteuil T54 qui se succèdent sur 3 jours consécutifs…

 

Le marathon, c’est enfin, plus modestement, le parcours que vivent ceux qui contribuent au déroulement des Jeux olympiques et paralympiques Paris 2024. Venez les découvrir en pleine course dans ce numéro !

 

Bonne lecture et bel été sportif.

 

PS : Avec ce numéro de La Revue, le Comité de Rédaction accueille Valentine Aschehoug (E20) et Marin Boyet (P14). Retrouvez-les en pages Écoles et Associations. Et merci à Raphaël Vialle (P15), qui passe le relais à Marin Boyet, pour sa participation active au sein du Comité.

 

Par Didier Perrin (P85),
Ancien rédacteur en chef
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Le Grand entretien
Ludivine Munos

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