Peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours depuis ton intégration à Mines Paris en 1994 ?
Aux Mines, j’ai eu la chance de suivre l’option Gestion scientifique de Claude Riveline, qui m’a marqué comme il a marqué des générations d’ingénieurs. J’ai ensuite fait une première étape en Allemagne, dans l’amont gaz-pétrole, où j’ai travaillé sur la modélisation économique des stockages souterrains de gaz. Cette expérience a été formatrice puisqu’elle m’a donné goût à l’énergie, aux questions d’infrastructures et aux entreprises de taille moyenne, dans lesquelles on peut avoir de l’impact même en tant que jeune diplômé. J’ai ensuite rejoint Électricité de Strasbourg, dont je suis désormais le Directeur adjoint, en charge de la stratégie, de la régulation et des partenariats.
Peux-tu nous présenter Électricité de Strasbourg (ES) et son évolution ?
ES est une Entreprise Locale de Distribution (ELD) créée en 1899. Historiquement, son métier était d’exploiter les réseaux et de fournir de l’électricité dans le Bas-Rhin. Aujourd’hui, nous avons quatre activités principales : gérer le réseau de distribution d’électricité, fournir des énergies à 600 000 clients, aider les entreprises à mieux consommer par le biais de services énergétiques et produire des énergies renouvelables, notamment avec des centrales de géothermie profonde. Nous travaillons d’ailleurs à un projet d’extraction du lithium contenu dans les saumures géothermales alsaciennes, en partenariat exclusif avec Eramet.
ES est également la première ELD à devenir société à mission ?
Je suis particulièrement ravi de cette actualité puisque les premiers travaux sur la qualité de société à mission ont été menés à l’École. Pour étudier la question au niveau d’ES, nous avons initié une collaboration avec le CGS sur un sujet qui recouvre deux axes : l’innovation (pour le territoire alsacien) au travers de l’ingénierie de la conception, et la gouvernance avec les recherches autour du statut de société à mission.
Pour autant, ES n’occupe pas la totalité de ton temps et tu portes plusieurs casquettes.
Je suis en effet Président de l’UNELEG, notre syndicat professionnel, administrateur de l’Union française de l’Électricité et membre du Conseil supérieur de l’énergie. Ces rôles me permettent de m’engager de différentes manières sur le développement et les évolutions du secteur énergétique, notamment sur le sujet de décarbonation.
À Mines Paris, tu es responsable du cours Évaluation des coûts, que tu as toi-même suivi comme étudiant.
Claude Riveline, qui a développé ce cours, dit “Enseigner c’est fabriquer de l’éternité”. J’aime enseigner par goût de la transmission, mais aussi parce que cela oblige à formaliser et mûrir ses idées. D’ailleurs, pour la rentrée 2024, avec l’équipe d’enseignement du cours, nous avons réfléchit à aller plus loin autour des concepts si puissants du cours d’Évaluation des Coûts, en les appliquant aux questions de limites planétaires.
Tu as récemment été fait chevalier de la Légion d’honneur, et décoré à l’École des Mines par Virginie Schwarz (P90 CM93), PDG de Météo France. Pourquoi avoir choisi Virginie et les mines pour ta décoration ?
Ayant été nommé dans le contingent du ministère de la Transition énergétique, ces deux choix se sont imposés d’évidence. Virginie m’a fait l’honneur et le plaisir d’accepter de me remettre l’insigne : nous partageons l’intérêt pour le secteur énergétique et son évolution, pour l’action publique et un fort attachement à l’École. Nous nous sommes côtoyés régulièrement lorsqu’elle était Directrice de l’Énergie, et elle intervient depuis plusieurs années dans l’U.E. qui regroupe le cours d’évaluation des coûts. Et pouvoir faire la cérémonie dans le Musée et la salle des colonnes a rappelé beaucoup de bons souvenirs à nombre de présents !