Sommaire
Françoise Combe, présidente de l’Académie des Sciences 2025-2026
Introduction
Actifs critiques : avancées en évaluation des risques
Barrières de sécurité : passer du réactif au proactif
La gestion du risque climatique en entreprise
IA, robots et gestion des risques industriels
Propriété intellectuelle : quels risques juridiques, techniques et industriels ?
La crise à l’ère de la post-réalité
Votre assureur est-il assuré ?
La sûreté nucléaire au défi du numérique et de l’IA
Penser le métier de préventeur par-delà ses compétences techniques
Le regard décalé
Les thèses des trois premiers Prix Pierre Laffitte 2025 : Vincent Lannelongue (P19), Rafael Silva et Amar Meddahi
La thèse en une page d’Antonin Hippolyte (E20 ET DOCT. E)
Édito
Le risque, une angoisse mathématisée ?
La vie est risquée. Certains se hasardent même à dire que c’est une maladie mortelle (la vie, pas le risque). Du risque, en tant que survenance éventuelle d’un événement potentiellement néfaste, il est naturel de chercher à se prémunir ou, du moins, à le cantonner. C’est une activité qui occupe à peu près à temps plein (à peu près, car cela dépend de son humeur ou de sa constitution, mais aussi de son caractère…). Le risque est en effet partout : pouvant provenir du hasard le plus aveugle comme de la certitude la plus absolue, se trouvant dans un germe pathogène présent dans votre caddie au rendement de vos titres obligataires (pour ceux qui en ont), et toute la Terre tourne autour de son appréciation. Appréciation d’autant plus appréciable qu’elle autorise une vie plus paisible, comme dé-risquée de sa dangerosité inhérente.
Cela convient bien à la plupart. D’autres, plus angoissés, vont imaginer des risques existentiels, comme une IA nous reléguant, en regard d’elle, au niveau intellectuel des marsupiaux, mais dont il ne faudrait surtout pas entraver le développement (on peut abhorrer les risques et aimer les paradoxes). Et que dire de ceux, plus mégalomanes qu’angoissés, qui prennent prétexte de l’incurie générale pour se réfugier dans leur folie de conquête spatiale, sacrifiant volontiers le présent pour le mirage d’une (sur)vie martienne (Elon Musk en tête de cortège). Pour eux, prudence n’est pas mère de sûreté !
Que ce soit avec l’IA ou les boyaux d’animaux (cf. l’haruspicine, l’art divinatoire de lire dans les entrailles d’un animal sacrifié), l’homme a toujours cherché à prévoir ce qui allait se passer afin de prendre, en amont d’événements peut-être contraires à ses desseins, les décisions adéquates. Prise de décision en information incomplète : la théorie des probabilités rentre rapidement dans l’équation. Le risque se modélise par un couple (probabilité de survenance, impact). Si l’on cherche à les éviter (les risques), mieux vaut dimensionner son installation sur l’impact maximal, mais sa probabilité de survenance est généralement très faible, d’où un arbitrage coût/opportunité.
Nous avons vite fait de passer de la psychologie et du monde des idées aux considérations bassement matérielles. Chacun a cependant son dieu… Comprenez qu’il y avait de quoi en faire un dossier.
S’agissant des chroniques martiennes (ou muskiennes), d’autres portent leur regard vers les étoiles, mais ne disent pas la même chose ! Différence de tempérament, peut-être, ou tout simplement de perception de la réalité, sans que cela ait forcément rapport avec l’appréhension du risque. Pour le Grand Entretien de ce numéro, nous avons eu l’honneur d’être reçus par Françoise Combes, la présidente de l’Académie des Sciences. On ne risquera pas grand-chose à dire que sa vision lucide pointe quelques risques qui devraient tous nous concerner.
Articles du numéro
Propriété intellectuelle
quels risques juridiques, techniques et industriels ?
IA, robots
et gestion des risques industriels
La gestion du risque climatique en entreprise
Barrières de sécurité
passer du réactif au proactif
Actifs critiques
avancées en évaluation des risques
Risques, mode d'emploi
introduction