Ma thèse en une page
Par Didier Perrin (P85),
Ancien rédacteur en chef

MARC GROSSOUVRE (DOCT. E21)

Analyse de la dynamique de rénovation énergétique à fine échelle dans une optique de massification des travaux et d’atteinte des objectifs nationaux

Centre de recherche : Département Science et Génie de l’Environnement, Institut Henry Fayol
Soutenance prévue : septembre 2024

Pourquoi as-tu choisi de mener cette thèse ?

 

En 2021, j’ai opéré une reconversion professionnelle vers la R&D pour la transition écologique. L’opportunité d’une thèse CIFRE est venue d’un problème de recherche sur l’efficacité énergétique des logements, à URBS. Cette entreprise développe des services cartographiques pour la connaissance du parc bâti en France. Le projet d’URBS, en partenariat avec Mines Saint-Étienne, m’a enthousiasmé et cette thèse m’offrait une entrée idéale dans mon nouveau métier de chercheur en entreprise.

 

À quels besoins répond ton travail de recherche ?

 

La massification de la rénovation énergétique nécessite, pour les décideurs, une connaissance fine de leur territoire. Il faut donc estimer la performance énergétique de chaque bâtiment du pays. Mon travail est de développer un algorithme en ce sens. Cette information peut ensuite être valorisée par les collectivités locales ou les bureaux d’étude pour mieux répartir leurs efforts et les financements.

 

Quels verrous scientifiques cherches-tu à lever ?

 

Les diagnostics de performance énergétiques (DPE) sont réalisés par des techniciens qui visitent les logements pour en connaître les caractéristiques détaillées. Mais ces diagnostics ne couvrent que 20 % du territoire. Alors que sait-on des autres logements ? Et est-ce que ces informations suffisent à estimer une performance énergétique ? Si oui, avec quel niveau de certitude ? En particulier, peut-on savoir à quel point un bâtiment a déjà été rénové ? Ce sont ces questions qui m’animent depuis 3 ans !

Datadome

Quelles compétences mobilises-tu ?

 

Mon travail est fortement interdisciplinaire. Il requiert des compétences d’ingénierie dans le bâtiment, puisqu’il s’agit de comprendre ce qui fait la performance d’un logement. Je manipule aussi de grandes quantités de données qui couvrent la France entière. C’est du domaine du big data. Et je développe des modèles géostatistiques qui font appel à des compétences en mathématiques et en programmation.

 

Quoi de prévu après la thèse ?

 

Je suis maintenant convaincu du bien-fondé de ma reconversion professionnelle, et je souhaite poursuivre sur cette voie de la recherche en entreprise. La fin de cette thèse clôture un projet de recherche pour l’entreprise URBS. Nous avons déjà commencé à évoquer les futurs axes de R&D autour, par exemple, du potentiel de rénovation d’un bâtiment.

 

Des conseils pour les camarades ?

 

À ceux qui, comme moi, projettent leur vie en entreprise, je recommande de s’engager dans un projet de recherche qui leur parle sur le fond, et dans une entreprise avec laquelle ils partagent des valeurs. La thèse CIFRE est une très bonne porte d’entrée dans une entreprise pour un projet professionnel à moyen ou long terme.

MELISSA BETSABE ESCOBAR CISTERNAS (DOCT. E21)

Opérationnalisation du paradigme de la Soutenabilité Forte en Conception

Centre de recherche des Mines : Département Science et Génie de l’Environnement, Institut Henry Fayol
Soutenance prévue : septembre 2024

Pour quoi as-tu choisi de mener cette thèse ?

 

Mon attrait pour la nature a évolué vers un intérêt pour la relation entre le dérèglement climatique et les conséquences des activités humaines dans le domaine de l’écoconception. Mes études en design global au Chili m’ont montré la capacité de ce métier à transformer notre relation à notre milieu naturel. Après une post-licence en Architecture en Design Durable en Argentine, j’ai souhaité reprendre mes études à mon arrivée en France. À la fin de mon master ma directrice de mémoire m’a proposé cette thèse, qui m’a paru être la continuité de mon questionnement : mieux comprendre et accompagner les transitions sociales et l’adaptation nécessaire du système de production et des méthodes de conception, qu’il s’agisse de la façon dont nous vivons, consommons ou développons.

 

À quels besoins répond ton travail de recherche ?

 

Ma thèse s’inscrit dans le cadre d’un projet ANR D-TechnoSS. Elle vise à développer une méthodologie de conception dans le paradigme de la soutenabilité forte. Ce paradigme est compris comme un défi socio-techno-écologique affectant un ensemble d’éléments comprenant, par exemple : les marchés, l’éducation, la culture, la production, l’échange, la répartition et la consommation de biens et de services.

 

Quels verrous scientifiques cherches-tu à lever ?

 

Le lien précis entre le paradigme de la soutenabilité forte et la conception a été très peu étudié dans la littérature, aucun cadre n’a été formalisé. De plus, les outils et les méthodes de conception sont essentiels pour soutenir les transitions et transformations des systèmes techniques et organisationnels. Ainsi, le verrou principal que je cherche à lever concerne la compréhension et l’appropriation du paradigme de soutenabilité forte et son opérationnalisation en phase amont de conception.

 

Quelles compétences mobilises-tu ?

 

Les tâches à exercer évoluent et sont de nature pluridisciplinaire : sciences de l’environnement et de la durabilité, mais aussi design, conception et gestion de projet. La première année, les compétences mobilisées étaient plutôt centrées sur une revue de littérature pour identifier et résoudre des problèmes complexes en vue de développer de nouvelles connaissances impliquant une pluralité de domaines. Outre des compétences d’analyse et de revue critique, j’ai aussi mobilisé des compétences plus techniques en conception/design et durabilité. La 2e année s’est focalisée sur la proposition méthodologique et les expérimentations. Dans mon cas, nous en avons fait trois : avec des étudiants par des mises en situation pédagogiques, avec la société civile et avec un acteur industriel. Ce qui implique des compétences de management d’équipe, de gestion de projet et de pédagogie. En 3e année, il s’agissait de mettre en œuvre les transferts (valorisation, vulgarisation) de la nouvelle méthodologie dans des secteurs économiques ou académiques.

 

Quoi de prévu après la thèse ?

 

Cette thèse m’a ouvert les portes du monde académique et, contrairement à ce que l’on peut croire, cela n’a pas été une expérience solitaire derrière un bureau ! C’est le début d’une aventure, j’ai plein de nouveaux sujets de recherche. Je souhaite consacrer les années à venir à approfondir mes résultats, à affiner ma pensée pour partager mes connaissances et continuer à élargir mes propres recherches en équipe. J’envisage de poursuivre dans le monde la recherche et de l’enseignement supérieur.

 

Des conseils pour les camarades ?

 

Faire une thèse est une épreuve, mais aussi un beau métier que j’aimerais voir davantage reconnu et valorisé. La recherche est un environnement stimulant, propice à l’évolution des connaissances et à la collaboration. Dans mon cas, la multiplicité des thématiques de recherche en science, science appliquée, science de la soutenabilité et science de l’ingénieur, est une inspiration qui me donne très envie de continuer…

MIRIAM ZAWADI MUCHIKA (DOCT. E21)

Combiner les systèmes multi-agents et les graphes de connaissances pour résoudre des problèmes décentralisés en suivant une approche des jumeaux numériques dans les systèmes cyber-physiques ouverts appliqués à la logistique urbaine.

Centre de recherche des Mines : département Informatique et Systèmes Intelligents, Institut Henry Fayol

Pourquoi as-tu choisi cette thèse ?

 

Ma curiosité et mon désir d’approfondir et d’élargir mes connaissances m’ont orienté vers l’entame d’un projet de thèse. De plus, mon stage de recherche dans un laboratoire de Recherche et Développement (R&D) à l’issue de mon Master a renforcé ma détermination à poursuivre une carrière dans la recherche.

 

À quels besoins répond ton travail de recherche ?

 

Mes travaux de recherche, menés en collaboration avec le groupe Orange, ont pour but de développer un modèle de Jumeau Numérique (JN) autonome. Les JNs sont des représentations virtuelles d’actifs du monde physique, pour une meilleure compréhension et surveillance de ces derniers. L’autonomie de ces JNs permettrait une synchronisation en temps réel avec les entités physiques et d’assurer une plus grande réactivité dans des environnements complexes. Ce modèle sera appliqué à un système d’optimisation de la livraison des derniers kilomètres, avec la difficulté de réduire à la fois les émissions de CO2 et les coûts des livraisons dans un environnement en constante évolution.

 

Quels verrous scientifiques cherches-tu à lever ?

 

Un JN autonome doit pouvoir interagir avec son double physique dans une boucle de rétroaction. Cela implique qu’un JN pourra réagir par lui-même aux changements survenant dans le monde physique sans nécessiter une intervention humaine constante. Mon objectif principal est d’intégrer un processus de décision dans le JN considérant l’autonomie de son double physique et en maintenant la synchronisation en temps réel avec celui-ci. Pour ce faire, je propose une architecture de JN autonome, combinant les Systèmes Multi-Agents (SMA) et les Graphes de Connaissances (GC) en suivant une approche Jumeau Numérique. Cette architecture de JN permettra d’intégrer les dimensions réelles et virtuelles pour résoudre des problèmes décentralisés dans les systèmes Cyber-Physiques ouverts comme la logistique urbaine.

Datadome

Quelles compétences mobilises-tu ?

 

Faire une thèse fait appel à diverses compétences essentielles, comme l’analyse critique pour évaluer les travaux de la littérature. Il y a aussi des compétences approfondies du domaine comme modéliser et structurer les données ainsi que la combinaison des SMA et GC. En plus, j’utilise des technologies/outils de développement pour modéliser des JNs. Je développe également mes compétences en gestion de projet ainsi qu’en communication orale et écrite.

 

Quoi de prévu après la thèse ?

 

Après la thèse, je pense débuter une carrière en tant que Chercheure dans un laboratoire de R&D. Cela me permettra de contribuer à la création de nouvelles technologies/solutions qui pourront avoir un impact significatif dans différents domaines.

 

Des conseils pour les camarades ?

 

Si vous souhaitez approfondir vos connaissances et développer une variété de compétences, je vous encourage vivement à faire une thèse. Mais assurez-vous de choisir un sujet qui vous passionne et vous motive, car vous y consacrerez beaucoup de temps et d’efforts !

Didier Perrin
Didier Perrin (P85)
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