En France, EDF est déjà engagé dans un programme de déconstruction ambitieux : 11 réacteurs définitivement arrêtés, de quatre technologies différentes – réacteurs à eau pressurisée (REP), réacteurs graphite-gaz, réacteur à eau lourde et réacteur à neutrons rapides – sont en cours de démantèlement à des stades variés (Figure 1). Près de 2 800 collaborateurs (hors prestataires) sont mobilisés au sein d’EDF et de sa filiale Cyclife, dédiée au démantèlement et à la gestion des déchets. Le choix français du démantèlement immédiat, contrairement à la stratégie différée retenue dans d’autres pays, vise à tirer parti du retour d’expérience opérationnel, à capitaliser sur les compétences disponibles et à limiter les incertitudes techniques, réglementaires et financières à long terme.
Au‑delà d’une obligation réglementaire, la capacité à maîtriser le démantèlement conditionne désormais la crédibilité du nucléaire comme industrie de long terme. Dans ce contexte, la gestion des déchets issus du démantèlement apparaît comme la pierre angulaire de cette maîtrise. L’intégration des principes de l’économie circulaire permet de réduire l’empreinte environnementale des opérations tout en renforçant leur performance industrielle et leur acceptabilité sociétale. Le projet de Technocentre développé par EDF à Fessenheim s’inscrit pleinement dans cette évolution.
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