Le rail fait partie de ces mots qui ont une portée symbolique. Il n’est dans la réalité que l’un des composants de la voie ferrée, assemblage complexe et vaguement hétéroclite de matériaux et d’équipements divers : traverses, boulons, éclisses, ballast… et bien sûr les rails, qui en sont l’élément le plus visible.
La voie ferrée elle-même est un accessoire, un modeste support au service de la véritable star : le train, qui porte avec lui un monde de voyages, de découvertes, de rencontres, et derrière lequel elle s’efface (notons que dans notre imaginaire la voie ferrée est exclusivement dédiée au train : personne dans les milieux alpestres ou touristiques ne se hasarderait à traduire par “voie ferrée” la via ferrata, devenue un must de l’escalade assistée…).
Cette mise en perspective étant faite, nous proposerons quelques exemples arbitraires du pouvoir suggestif du train – pardon, du rail – sans évidemment prétendre nous substituer aux nombreuses recensions disponibles sur le sujet.
Le train est d’abord indissociablement lié à l’exode, au déracinement, que ce soit dans un registre dramatique (Le Train, Granier-Deferre, 1973) ou faussement burlesque (La Vache et le Prisonnier, Verneuil, 1959).
Dans le genre épopée civilisationnelle – sur un mode léger, certes –, Des rails sur la prairie (Morris & Goscinny, éd. Dupuis) est incontestablement une somme documentaire et historique, mais une somme facile d’accès. On ne vous en dit pas plus.
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